
ET SI VOUS ÉTIEZ FATIGUÉ(E) DE TENIR… PLUTÔT QUE FATIGUÉ(E) DE FAIRE ?
Il existe une fatigue dont on parle peu.
Une fatigue qui ne vient pas forcément d’un emploi du temps surchargé, d’un manque de sommeil ou d’une activité physique trop importante.
Une fatigue qui peut être là même après une journée où, en apparence, vous n’avez « pas fait grand-chose ».
Et qui amène parfois cette question :
« Mais pourquoi suis-je aussi fatigué(e) ? »
Parce que nous ne nous épuisons pas seulement de ce que nous faisons.
Nous pouvons aussi nous épuiser de tout ce que nous portons intérieurement.
LA FATIGUE INVISIBLE
Tenir, c’est parfois continuer alors qu’intérieurement, quelque chose aurait besoin de s’arrêter.
C’est faire bonne figure quand ça ne va pas.
C’est ravaler une émotion pour éviter un conflit.
C’est réfléchir à ce que l’on va dire pour ne froisser personne.
C’est anticiper les besoins des autres.
C’est penser à tout.
C’est essayer de ne décevoir personne.
C’est répondre « ça va » alors que le corps dit exactement le contraire.
Tout cela ne se voit pas.
Et pourtant, tout cela demande de l’énergie.
QUAND LE CERVEAU NE SE REPOSE JAMAIS VRAIMENT
Même lorsque le corps s’arrête, le mental peut continuer.
Il organise.
Il anticipe.
Il analyse.
Il rejoue une conversation.
Il imagine ce qui pourrait arriver.
Il vérifie que tout va bien autour de lui.
Cette vigilance permanente peut maintenir le système nerveux dans un état de tension.
Le corps est assis sur le canapé…
mais intérieurement, quelque chose continue à travailler.
C’est aussi pour cela que certaines personnes peuvent dormir, se reposer ou prendre quelques jours de vacances… et se sentir malgré tout profondément fatiguées.
QUAND LE CORPS COMMENCE À DIRE « C’EST TROP »
Au début, les signaux peuvent sembler anodins.
Une irritabilité inhabituelle.
Une sensation de lourdeur.
Des tensions dans les épaules ou la mâchoire.
Une boule dans la gorge ou dans le ventre.
Des difficultés à se concentrer.
Une envie de s’isoler.
Des émotions qui débordent pour des choses qui, habituellement, auraient semblé insignifiantes.
Parfois, le corps ne demande pas seulement du repos.
Il signale que quelque chose, intérieurement, prend trop de place.
SE REPOSER NE SIGNIFIE PAS TOUJOURS DÉPOSER
On peut s’allonger sans relâcher.
Dormir sans réellement récupérer.
Prendre du temps pour soi tout en continuant à penser aux autres.
Partir en vacances avec toute sa charge mentale dans les bagages.
Le repos physique est essentiel.
Mais lorsque la fatigue est aussi émotionnelle, il peut être nécessaire de regarder ce que l’on continue à porter pendant que l’on se repose.
Une responsabilité qui ne nous appartient peut-être pas.
Une émotion que l’on retient depuis longtemps.
Une exigence envers soi-même.
La peur de décevoir.
Le besoin de tout contrôler.
Ou cette habitude d’être toujours celui ou celle qui tient.
EXERCICE : L’INVENTAIRE DE L’INVISIBLE
Prenez une feuille.
Et écrivez en haut :
« CE QUE JE PORTE ET QUE PERSONNE NE VOIT »
Puis laissez venir.
Les personnes auxquelles vous pensez constamment.
Les responsabilités que vous assumez.
Les émotions que vous retenez.
Les situations que vous essayez de contrôler.
Les choses que vous faites par peur de décevoir.
Les inquiétudes que vous gardez pour vous.
Les « il faut que… », les « je dois… » et les « je n’ai pas le choix… ».
Ne cherchez pas à résoudre quoi que ce soit.
Regardez simplement votre feuille.
Puis choisissez une seule chose et demandez-vous :
« Est-ce que cela m’appartient vraiment ? »
Et si oui :
« Suis-je obligé(e) de la porter de cette manière ? »
Vous n’avez rien à réussir.
L’objectif est simplement de rendre visible ce qui, jusqu’ici, vous fatiguait peut-être en silence.
À RETENIR
Nous ne sommes pas seulement fatigués par ce que nous faisons.
Nous pouvons aussi être épuisés par ce que nous contenons, anticipons, contrôlons et portons pour les autres.
Parfois, retrouver de l’énergie ne commence donc pas par en faire moins.
Cela commence par identifier ce que nous n’avons plus besoin de porter de la même manière.
JE N’AI PAS BESOIN D’ATTENDRE DE M’ÉCROULER POUR RECONNAÎTRE QUE JE PORTE TROP.

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