ET SI APAISER NE SUFFISAIT PAS ? MÉDITATION ET EFT : DEUX CHEMINS QUI SE COMPLÈTENT

Il arrive parfois que l’on comprenne parfaitement ce qui nous arrive.

On sait pourquoi une situation nous touche.

On sait qu’elle appartient au passé.

On sait même ce que l’on devrait faire pour aller mieux.

Et pourtant…

dès que l’on y repense, quelque chose se réveille.

La gorge se serre.

Le ventre se noue.

Une émotion revient.

Une pensée tourne en boucle.

Comme si la tête avait compris…

mais que le reste de nous n’avait pas encore complètement suivi.

C’est là que différents outils peuvent trouver leur place.

Parmi eux, la méditation et l’EFT peuvent proposer deux approches différentes, mais complémentaires.

LA MÉDITATION : CRÉER DE L’ESPACE À L’INTÉRIEUR DE SOI

Lorsque nous sommes stressés ou submergés par une émotion, notre attention peut se retrouver entièrement captée par ce que nous ressentons.

Une pensée en entraîne une autre.

Puis une autre.

Et progressivement, nous ne sommes plus simplement en train d’avoir une pensée.

Nous sommes emportés par elle.

La méditation peut aider à revenir au moment présent.

Au souffle.

Au corps.

Aux sensations.

À ce qui est là, maintenant.

Il ne s’agit pas forcément de « faire le vide ».

Ni de réussir à ne plus penser.

Il s’agit plutôt d’apprendre progressivement à observer ce qui se passe en nous sans devoir suivre chacune de nos pensées.

Une émotion peut être présente…

sans forcément prendre toute la place.

ET L’EFT, QU’EST-CE QUE C’EST ?

L’EFT, ou Emotional Freedom Techniques, est une pratique qui associe l’attention portée à une émotion, une pensée ou une situation à des tapotements légers effectués sur différents points du corps.

Pendant une séance, on ne cherche pas simplement à raconter ce qui s’est passé.

On observe également ce qui se passe maintenant lorsque l’on évoque la situation.

Quelle émotion apparaît ?

Quelle intensité a-t-elle ?

Où se manifeste-t-elle dans le corps ?

Quelle pensée l’accompagne ?

La personne reste ainsi attentive à son expérience présente pendant les différentes séquences de tapotements.

L’objectif est de favoriser une diminution de la charge émotionnelle ressentie et une meilleure régulation face à ce qui s’active.

POURQUOI LES DEUX PEUVENT-ILS SE COMPLÉTER ?

Parce que nous n’avons pas toujours besoin de la même chose au même moment.

Parfois, une émotion est tellement présente que se poser immédiatement en méditation est difficile.

Le mental tourne.

Le corps est tendu.

Fermer les yeux peut même donner davantage de place aux pensées.

Dans ce cas, un travail émotionnel peut permettre de commencer par accueillir ce qui est actif.

À d’autres moments, après avoir traversé une émotion, nous pouvons avoir besoin de calme.

De silence.

D’un espace pour revenir au corps et au moment présent.

La méditation peut alors accompagner cette transition.

L’une ne remplace pas l’autre.

Elles peuvent intervenir à des moments différents d’un même cheminement.

« JE SAIS QUE C’EST FINI… MAIS MON CORPS RÉAGIT ENCORE »

Cette phrase résume bien ce que certaines personnes peuvent ressentir.

Prenons l’exemple d’une situation professionnelle difficile qui appartient au passé.

La personne sait qu’elle ne travaille plus avec ce collègue ou ce responsable.

Elle sait rationnellement que la situation est terminée.

Pourtant, lorsqu’elle raconte ce qu’elle a vécu, son ventre se contracte et sa gorge se serre.

Comprendre intellectuellement une situation ne fait pas toujours disparaître immédiatement l’émotion qui lui est associée.

Un travail en EFT peut alors porter sur ce qui s’active précisément lorsque la personne repense à cette situation.

Puis, lorsque l’intensité diminue, une méditation guidée peut offrir un temps différent.

Un temps pour retrouver ses sensations.

Revenir au présent.

Respirer.

Et laisser progressivement cette expérience prendre une autre place.

APAISER NE VEUT PAS DIRE ÉVITER

Il existe une différence importante entre apaiser une émotion et chercher à la faire disparaître à tout prix.

La peur.

La colère.

La tristesse.

La culpabilité.

Toutes ces émotions peuvent avoir quelque chose à nous apprendre sur ce que nous vivons.

Une limite dépassée.

Un besoin qui n’a pas été entendu.

Une peur.

Une blessure.

Une situation que nous n’avons pas encore réellement digérée.

Vouloir immédiatement chasser une émotion peut parfois nous empêcher d’entendre ce qu’elle essaie de signaler.

L’accompagnement consiste aussi à pouvoir s’en approcher progressivement, sans être submergé par elle.

AVANCER NE SIGNIFIE PAS NE PLUS RIEN RESSENTIR

Nous pouvons parfois imaginer que nous saurons que nous allons mieux lorsque nous ne ressentirons plus rien en repensant à certaines situations.

Mais avancer peut prendre une autre forme.

Pouvoir se souvenir sans être envahi.

Pouvoir ressentir une émotion sans qu’elle dirige toute la journée.

Pouvoir reconnaître :

« Oui, cela m’a fait mal. »

sans avoir besoin de revivre intérieurement toute l’histoire.

Le souvenir reste.

Mais sa place change.

Et cette différence peut être essentielle.

EXERCICE : 3 MINUTES POUR ÉCOUTER AVANT DE VOULOIR APAISER

Lorsque vous sentez une émotion monter, ne cherchez pas immédiatement à la faire disparaître.

Accordez-vous simplement trois minutes.

Posez vos pieds au sol.

Puis demandez-vous :

« QU’EST-CE QUE JE RESSENS EN CE MOMENT ? »

Essayez de nommer l’émotion le plus simplement possible.

Colère.

Peur.

Tristesse.

Déception.

Culpabilité.

Frustration.

Puis demandez-vous :

« OÙ EST-CE QUE JE LE RESSENS DANS MON CORPS ? »

Dans la gorge ?

La poitrine ?

Le ventre ?

Les épaules ?

La mâchoire ?

Observez simplement cette sensation sans chercher à la modifier.

Enfin, posez-vous une dernière question :

« DE QUOI AURAIS-JE BESOIN MAINTENANT ? »

De calme ?

D’être écouté(e) ?

De poser une limite ?

De prendre quelques minutes seul(e) ?

De parler ?

De me reposer ?

Vous n’avez pas forcément besoin de trouver immédiatement une solution.

Pendant ces trois minutes, vous faites simplement quelque chose que nous oublions souvent :

écouter ce qui se passe en vous avant de lui demander de se taire.

À RETENIR

La méditation et l’EFT n’ont pas exactement la même fonction.

La méditation peut nous aider à revenir au présent, à observer et à créer davantage d’espace intérieur.

L’EFT peut offrir un travail plus ciblé sur une émotion ou une situation qui continue à s’activer.

Associées dans un accompagnement adapté à la personne, ces deux approches peuvent permettre de travailler à la fois sur ce qui demande à être accueilli et sur la capacité à retrouver ensuite davantage d’apaisement.

Parce qu’avancer ne signifie pas effacer son histoire.

Cela peut simplement vouloir dire qu’elle ne nous fait plus réagir de la même manière.

AVANCER, CE N’EST PAS TOUJOURS FAIRE TAIRE CE QUE L’ON RESSENT.

C’EST PARFOIS APPRENDRE À L’ÉCOUTER, L’APAISER… PUIS LUI PERMETTRE DE PRENDRE UNE AUTRE PLACE.