
AU TRAVAIL, CE N’EST PAS TOUJOURS LE TRAVAIL QUI ÉPUISE… CE SONT PARFOIS LES RELATIONS
On peut aimer son métier…
et ne plus supporter l’ambiance dans laquelle on l’exerce.
Une remarque qui reste dans la tête.
Un collègue qui nous met constamment mal à l’aise.
Une hiérarchie avec laquelle on ne se sent pas entendu.
Un sentiment d’injustice.
Des non-dits.
Des tensions.
La peur de faire une erreur ou d’être jugé.
Et cette impression étrange de quitter son lieu de travail le soir…
sans vraiment réussir à laisser le travail derrière soi.
Car parfois, ce n’est pas la quantité de travail qui nous épuise le plus.
C’est ce que nous vivons dans nos relations avec les autres.
QUAND UNE SIMPLE REMARQUE NOUS ACCOMPAGNE JUSQU’À LA MAISON
Une phrase peut durer quelques secondes…
et continuer à tourner dans notre tête pendant des heures.
« Pourquoi m’a-t-il parlé comme ça ? »
« Qu’est-ce qu’elle voulait vraiment dire ? »
« J’aurais dû répondre. »
« Est-ce que j’ai fait quelque chose de mal ? »
Le corps a quitté le travail.
Mais le mental, lui, est encore dans le bureau, l’atelier, le service ou la réunion.
Nous rejouons la scène.
Nous imaginons ce que nous aurions pu répondre.
Nous anticipons déjà la journée du lendemain.
Et cette rumination consomme de l’énergie.
NOUS NE SOMMES PAS DES MACHINES LORSQUE NOUS ARRIVONS AU TRAVAIL
Nous arrivons dans notre environnement professionnel avec notre personnalité.
Notre sensibilité.
Notre histoire.
Notre besoin de reconnaissance.
Notre rapport à l’autorité.
Notre peur éventuelle du conflit ou du rejet.
C’est aussi pour cela qu’une même remarque peut laisser une personne relativement indifférente…
et profondément en toucher une autre.
Certaines situations professionnelles peuvent venir réveiller quelque chose de beaucoup plus personnel.
La peur de ne pas être à la hauteur.
Le besoin d’être apprécié.
La difficulté à dire non.
La peur de décevoir.
Le sentiment de ne jamais en faire assez.
Ou encore cette vieille habitude de se taire pour éviter les conflits.
PRENDRE SUR SOI A AUSSI UN COÛT
« Ce n’est pas grave. »
« Je ne vais pas faire d’histoires. »
« Je vais laisser passer. »
« Il faut bien travailler avec tout le monde. »
Une fois.
Deux fois.
Dix fois.
Et progressivement, quelque chose s’accumule.
Une colère que l’on n’exprime pas.
Un sentiment d’injustice.
Une boule dans la gorge.
Une tension dans le ventre.
Une fatigue inhabituelle.
Une irritabilité qui apparaît parfois… une fois rentré chez soi.
Parce que retenir demande aussi de l’énergie.
LE BESOIN DE RECONNAISSANCE N’EST PAS UN CAPRICE
Nous avons besoin de sentir que ce que nous faisons a une valeur.
Pas nécessairement d’être félicités constamment.
Mais d’être considérés.
Respectés.
Écoutés.
Et de savoir que notre investissement est parfois vu.
Lorsque cette reconnaissance disparaît, certaines personnes finissent par travailler toujours davantage pour essayer de l’obtenir.
Elles donnent plus.
Acceptent davantage.
Disent moins souvent non.
Et peuvent progressivement perdre de vue leurs propres limites.
QUAND LE TRAVAIL PREND TROP DE PLACE À L’INTÉRIEUR
Il existe un moment auquel il peut être utile de prêter attention :
celui où le travail continue à occuper notre espace intérieur alors que la journée est terminée.
Lorsque nous anticipons avec angoisse le lendemain.
Lorsque nous vérifions constamment nos messages.
Lorsque certaines conversations tournent en boucle.
Lorsque notre humeur à la maison dépend entièrement de ce qui s’est passé au travail.
Lorsque le dimanche soir devient difficile.
Ce sont parfois des signaux indiquant que quelque chose mérite d’être regardé.
TOUT NE NOUS APPARTIENT PAS
Une des difficultés dans les relations professionnelles est que nous essayons parfois de contrôler des choses sur lesquelles nous n’avons finalement que très peu de pouvoir.
L’humeur d’un collègue.
Le caractère d’un responsable.
Ce que les autres pensent de nous.
Une décision prise par la direction.
La manière dont quelqu’un interprète nos paroles.
Nous pouvons agir sur notre manière de communiquer.
Poser certaines limites.
Exprimer un désaccord.
Demander une explication.
Chercher du soutien lorsque cela est nécessaire.
Mais nous ne pouvons pas contrôler toutes les réactions des autres.
Et essayer de le faire peut devenir épuisant.
EXERCICE : LES TROIS CERCLES DU TRAVAIL
Lorsque vous rentrez chez vous avec une situation professionnelle qui continue à tourner dans votre tête, prenez quelques instants.
Imaginez trois cercles.
Dans le premier, placez :
« CE QUI DÉPEND DE MOI »
Ma façon de répondre.
Mes paroles.
Mes limites.
La possibilité de demander de l’aide.
La manière dont je prends soin de moi après cette journée.
Dans le deuxième cercle, placez :
« CE QUE JE PEUX INFLUENCER »
Une discussion.
Une organisation.
Une demande.
Une relation professionnelle.
Un problème que je peux signaler.
Puis dans le troisième :
« CE QUI NE DÉPEND PAS DE MOI »
Le caractère des autres.
Leur humeur.
Leurs réactions.
Ce qu’ils pensent de moi.
Les décisions sur lesquelles je n’ai aucun pouvoir.
Regardez maintenant ce troisième cercle.
Et posez-vous simplement cette question :
« Combien d’énergie suis-je en train de donner aujourd’hui à quelque chose que je ne peux pas contrôler ? »
Puis revenez au premier cercle.
Choisissez une seule chose qui dépend réellement de vous.
C’est là que votre énergie peut redevenir utile.
À RETENIR
Les difficultés relationnelles au travail ne sont pas toujours anodines.
Lorsqu’elles se répètent, elles peuvent nous suivre bien au-delà de notre journée professionnelle.
Apprendre à poser des limites, reconnaître ce qui nous touche et distinguer ce qui dépend de nous de ce qui appartient aux autres peut permettre de retrouver progressivement davantage d’espace intérieur.
Et lorsqu’une situation professionnelle devient durablement difficile, demander de l’aide ou chercher du soutien n’est pas un échec.

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