
POURQUOI MON CERVEAU SE RÉVEILLE-T-IL JUSTEMENT QUAND JE VEUX DORMIR ?
Toute la journée, vous avez tenu.
Vous avez travaillé.
Répondu aux sollicitations.
Pensé à ce qu’il fallait faire.
Géré les imprévus.
Peut-être même repoussé certaines préoccupations en vous disant :
« J’y penserai plus tard. »
Puis arrive enfin le moment de vous coucher.
Vous éteignez la lumière.
Vous fermez les yeux.
Et soudain…
votre cerveau, lui, semble décider que la journée commence.
Une conversation revient.
La liste de demain apparaît.
Une inquiétude surgit.
Vous repensez à quelque chose que vous auriez dû dire.
Puis à autre chose.
Et une question finit souvent par arriver :
« Pourquoi est-ce que je pense à tout ça maintenant ? »
QUAND LE SILENCE LAISSE DE LA PLACE AUX PENSÉES
Pendant la journée, notre attention est constamment sollicitée.
Le travail.
Les conversations.
Le téléphone.
Les tâches à accomplir.
Les déplacements.
Les autres.
Notre cerveau passe d’une information à une autre et certaines préoccupations restent temporairement à l’arrière-plan.
Le soir, tout change.
Les sollicitations diminuent.
Le corps s’immobilise.
La maison devient plus silencieuse.
Et ce qui n’avait pas trouvé beaucoup de place pendant la journée peut soudain revenir au premier plan.
Ce n’est donc pas forcément que vous pensez davantage la nuit.
C’est parfois simplement que vous entendez enfin tout ce qui était déjà là.
« IL FAUT ABSOLUMENT QUE JE DORME »
Vous regardez l’heure.
23 h 42.
Puis minuit 15.
Puis 1 h 03.
Et une nouvelle inquiétude apparaît :
« Si je ne dors pas maintenant, demain je vais être épuisé(e). »
À partir de ce moment-là, dormir peut devenir un objectif à atteindre.
On calcule le nombre d’heures qu’il reste.
On cherche la bonne position.
On essaie de ne penser à rien.
On vérifie si le sommeil arrive.
Mais plus nous surveillons notre sommeil, plus nous pouvons rester attentifs et éveillés.
Le lit, qui devrait être associé au repos, peut progressivement devenir le lieu où l’on s’inquiète de ne pas dormir.
POURQUOI VOULOIR « FAIRE LE VIDE » NE FONCTIONNE PAS TOUJOURS
Essayez pendant quelques secondes de ne surtout pas penser à un éléphant rose.
Il y a de fortes chances pour qu’un éléphant rose vienne immédiatement d’apparaître dans votre esprit.
Pour les pensées du soir, le mécanisme peut être similaire.
« Il ne faut plus que je pense au travail. »
« Je dois arrêter de réfléchir. »
« Il faut que je vide ma tête. »
Plus nous essayons de chasser une pensée, plus nous pouvons nous mettre à vérifier si elle est toujours là.
L’objectif n’est donc pas nécessairement de faire disparaître toutes les pensées.
Il peut être plus utile d’apprendre à les laisser passer sans devoir résoudre chacune d’elles au moment de dormir.
LE CORPS PEUT ÊTRE FATIGUÉ SANS ÊTRE ENCORE APAISÉ
Nous pouvons être épuisés et pourtant ne pas réussir à dormir.
Parce que fatigue et détente ne sont pas exactement la même chose.
Après une journée stressante, le corps peut conserver une certaine activation.
Les épaules restent tendues.
La mâchoire serrée.
La respiration plus courte.
Le cœur semble parfois plus présent.
Le mental continue d’anticiper.
Le corps est dans le lit…
mais une partie de nous fonctionne encore comme si elle devait rester disponible.
Avant de dormir, nous avons parfois besoin d’une transition entre le rythme de la journée et celui de la nuit.
LES RÉVEILS NOCTURNES : QUAND LE MENTAL REPART
Il arrive aussi que l’endormissement soit facile, mais que le réveil survienne en pleine nuit.
Et presque immédiatement, le cerveau recommence à réfléchir.
Un problème.
Une décision.
Une inquiétude.
La journée qui arrive.
Puis l’heure que l’on regarde et cette pensée :
« Il faut que je me rendorme. »
Là encore, vouloir forcer le sommeil peut augmenter la tension.
Un réveil nocturne occasionnel n’est pas forcément anormal.
Ce qui devient particulièrement difficile, c’est souvent tout ce que notre esprit construit autour de ce réveil.
PRÉPARER LE SOMMEIL AVANT D’ENTRER DANS LE LIT
Nous demandons parfois à notre cerveau de passer directement d’une journée remplie de stimulations à un sommeil profond.
Comme si nous pouvions appuyer sur un interrupteur.
Mais le sommeil aime les transitions.
Réduire progressivement les stimulations.
Créer un rythme plus calme.
Mettre à distance ce qui peut attendre demain.
Et surtout, donner au cerveau un moment pour terminer symboliquement la journée.
C’est précisément l’objectif de l’exercice suivant.
EXERCICE : LE SAS DE DÉCOMPRESSION
Cet exercice se réalise idéalement avant d’aller au lit.
Prenez une feuille et accordez-vous cinq minutes.
Écrivez d’abord :
« CE QUE JE LAISSE À AUJOURD’HUI »
Notez ce qui appartient à la journée qui vient de se terminer.
Une contrariété.
Une conversation.
Une chose que vous n’avez pas eu le temps de faire.
Une émotion.
Une préoccupation.
Puis écrivez :
« CE QUI PEUT ATTENDRE DEMAIN »
Notez les choses auxquelles votre cerveau risque de vouloir penser une fois dans le lit.
Un appel à passer.
Une décision à prendre.
Une tâche à terminer.
Une question à régler.
Le but n’est pas de trouver les solutions.
Vous indiquez simplement à votre cerveau :
« Je n’oublie pas. Je m’en occuperai demain. »
Enfin, posez votre feuille.
Prenez quelques instants pour sentir votre corps.
Relâchez volontairement les épaules.
Desserrez la mâchoire.
Laissez votre respiration retrouver son rythme naturel.
Puis dites-vous intérieurement :
« Pour aujourd’hui, c’est terminé. »
Vous n’avez pas besoin de résoudre demain avant de vous autoriser à dormir ce soir.
QUAND FAUT-IL EN PARLER ?
Quelques mauvaises nuits peuvent arriver à tout le monde.
Mais lorsque les difficultés de sommeil deviennent régulières, durent dans le temps ou ont des conséquences importantes sur vos journées, il est important de ne pas simplement apprendre à vivre avec.
Le sommeil peut être perturbé par le stress et l’anxiété, mais également par de nombreux facteurs physiques, psychologiques, environnementaux ou liés à certaines habitudes ou substances.
Dans ce cas, en parler à un professionnel de santé permet de rechercher ce qui entretient réellement les difficultés et de choisir une prise en charge adaptée.
À RETENIR
Le cerveau qui pense au moment de dormir ne cherche pas nécessairement à vous empêcher de dormir.
Il peut simplement continuer à traiter une journée qui n’a pas encore trouvé sa fin.
Créer une transition, déposer ce qui peut attendre et arrêter de faire du sommeil une performance peuvent progressivement aider à retrouver un rapport plus serein avec la nuit.

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